vendredi 23 septembre 2016

Bienvenido a la República de Val Verde !

#MinorSpoilersInside

L’Homme qui valait 3 milliards, Super Jaimie, K2000, Supercarrier, Les contes de la crypte, Cadillacs & Dinosaures, Aventures & associés, 48 Heures, Commando, Running Man, Die Hard, Die Hard 2, Hudson Hawk, Street Fighter, Le Flic de Beverly Hills 3 (on ne le remerciera pas pour ces deux-là), Judge Dredd, Piège à Hong Kong, Tomb Raider 2… Voilà, entre autres, les séries et les films écrits ou co-écrits par Steven E. de Souza.

Si vous avez lu Tintin en étant plus jeune, vous vous souvenez peut-être de la Syldavie et de la Bordurie, ces pays imaginaires d’Europe de l’Est inventés par Hergé. Si vous avez vu Avengers : Age Of Ultron, vous avez peut-être remarqué qu’une partie de l’action se déroule aussi dans un pays imaginaire : la Sokovie. Ces pays imaginaires (d’où sont très souvent originaires les « méchants ») ont majoritairement pour but d’éviter de vexer la sensibilité de certains pays, voire d’empêcher des incidents diplomatiques.

Scénariste ultra-prolifique dans les années 80 et 90, de Souza est à l’origine de l’invention d’un pays imaginaire d’Amérique Latine qui sera utilisé dans plusieurs films et séries : le Val Verde.

Drapeaux du Val Verde tel qu'on le voit dans certains films

Et Steven, c’est pas la moitié d’un con, alors il a travaillé son bordel à fond : le Val Verde a son histoire, sa politique, etc… On peut en parler comme d’un "vrai pays", chronologiquement ! Du coup, on va retourner au collège pour un petit cours d’histoire...

Durant les années 80, le Val Verde est gouverné par le président Arius (le futur méchant de Commando), mais les Etats-Unis veulent mettre en place des accords politiques avec le Val Verde. Afin d’organiser une révolution pour faire tomber Arius et le remplacer par le président Velazquez, les USA décident d'envoyer un commando d’élite des Delta Force dirigé par un certain Colonel John Matrix. Le commando réussi sa mission et renverse Arius. De retour au pays, le commando est démantelé et ses membres sont mis secrètement à la retraite par le général Franklin Kirby.


En 1985, dans Commando (écrit par de Souza et produit par Joel Silver), Bennett, un ancien membre du commando dirigé par Matrix qui est devenu mercenaire, est engagé par le Général Arius qui désire faire un putsch au Val Verde. Leur plan est de kidnapper la fille de Matrix pour l’obliger à les aider à reprendre le pouvoir au président Velazquez par la force. La suite, vous la connaissez : aidé par une hôtesse de l’air, Matrix sème ses ennemis, bute Sully mais pas en dernier, prends un bon petit déjeuner à base de Béret Vert, pique 4 tonnes d'armes dans un surplus militaire et s’envole pour le Val Verde. Sur place, il massacre à lui tout seul Arius et ses 350 000 hommes (au bas mot) et permet à son ancien ami Bennett de "cracher sa vapeur, pourriture".

Le Val Verde est provisoirement sauvé, mais comme il s'agît d'une allégorie de Cuba, faut se douter que nos amis les Ricains de la CIA Américaine des Etats-Unis d'Amérique du Nord Américaine risque d'avoir des problèmes avec des méchants communistes Russes dans très peu de temps...


John Matrix fout le bordel au Val Verde


En 1987, dans Predator (écrit par Shane Black, aucune participation de Steven E. de Souza mais produit par Joel Silver qui a voulu utiliser à nouveau le Val Verde comme clin d’œil à Commando), le Val Verde est de nouveau secoué par une révolution. Des méchants Russes communistes aident des rebelles Guérilleros à renverser, une fois encore, le pouvoir en place. Dillon, un agent de la CIA qui ressemble vachement à Apollo Creed, envoie une équipe de la CIA pour débusquer les Guérilleros, mais ils sont capturés par ceux-ci. Dillon envoie donc une unité des forces spéciales dirigé par Jim Hopper au Val Verde, mais le commando disparaît dans des circonstances inexplicables.

Dillon invente donc une histoire d’otages bidons (un ministre du cabinet présidentiel aurait été capturé) pour justifier une seconde opération de sauvetage et envoie un second commando dirigé par le major Alan ‘Dutch’ Schaefer. Le commando découvre les corps mutilés des membres de la première équipe. Finalement, les soldats trouvent le campement des rebelles et font tout péter en délivrant une otage : Anna. Mais ils sont attaqués et tués, un par un, par un extra-terrestre prédateur qui a choisi la jungle du Val Verde comme terrain de chasse. Les seuls survivants seront Dutch et Anna.

Pour les mecs très pointilleux sur les détails, on notera que dans le reboot Predators, Isabelle (jouée par la très jolie Alice Braga) explique à Royce (joué par le très moche Adrien Brody) qu'elle a entendu parler des Predators dans un rapport sur des évènements curieux ayant eu lieux en 1987 au Guatemala et non au Val Verde... Isabelle est certes jolie, mais elle ne sait pas lire un rapport de la CIA, bref...

Alan ‘Dutch’ Schaefer fout le bordel au Val Verde

En 1988, dans l’épisode 5 de la série Supercarrier, une guerre civile est sur le point d'éclater au Val Verde (un pays décidément bien instable). L’équipage du porte-avion USS Georgetown (le Supercarrier du titre) étouffe à nouveau la guerre civile. Cela renforce l’entente entre les USA et le Val Verde. Des accords d’extradition sont signés. Ainsi, en 1990, l’ancien général Ramon Esperanza qui s'est plus ou moins recyclé dans la culture de plante et la chimie (il n'est pas question de farine, si vous voyez ce que je veux dire) est arrêté et extradé vers les USA afin d’y être jugé.

Franchement, ça tient la route, putain !


En 1990, dans Die Hard 2, l’aéroport de Washington est pris d’assaut par des terroristes. Ça tombe plutôt mal car c’est le soir de Noël. Mais c’est surtout le soir où Ramon Esperanza doit atterrir sur le sol Américain pour répondre de ses crimes devant un tribunal Américain. Les terroristes (encore des anciens soldats devenus mercenaires, une sale habitude dans le cinéma d'action US des années 80/90) veulent libérer Esperanza et s’enfuir en avion vers un pays sans droits d’extradition. 

Manque de pot pour le général Esperanza, le colonel Stewart, le Major Grant et leurs potes : John McClane traine dans le coin et après les avoir bien fait chier pendant 2 heures, le fils d'immigré Irlandais devenu ce flic dur à cuire (die hard) les envoie tous bouffer les pissenlits par la racine. Yippee ki-yay, motherfucker !

Ramon Esperanza veut retourner foutre le bordel au Val Verde

Il sera encore rapidement question du Val Verde dans l’épisode 10 de la saison 1 de la série Adventure Inc. mais aussi dans les planches d’un comic book Sheena paru en 2015 et dans un jeu vidéo, Broforce, lui aussi sorti en 2015.

Je trouve vraiment sympa que Steven E. de Souza ait carrément réfléchis à une sorte d’univers étendu qui relie ces films entre eux.

Dans le même ordre d’idée, j’évoque rapidement le travail de Jackson De Govia, chef décorateur de (entre autres) Die Hard, Die Hard with a Vengeance et Speed. Dans Die hard, les terroristes utilisent un camion siglé "Pacific Courrier" pour s’introduire dans le Nakatomi Plaza. Dans Die Hard With A Vengeance, un camion siglé "Atlantic Courrier" est soufflé par la première explosion du film. Dans Speed, à la fin, le bus explose en percutant un avion siglé "Pacific Courrier".

Ben oui, ça tombe sous le sens : Los Angeles (Die Hard, Speed) c’est la côte pacifique et New York (Die Hard With A Vengeance) c’est la côte Atlantique ! Et bien, cette société de transport n'existe pas, elle a été inventé par De Govia !

Pacific Courrier dans Die Hard 1

Atlantic Courrier dans Die Hard With A Vengeance

Pacific Courrier dans Speed

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Mais ne vous inquiétez pas, je reviens très vite avec un autre article en cours de rédaction et si vous aimez me lire, vous aimerez aussi peut-être m’écouter prochainement car je vais bientôt participer en tant qu’intervenant invité à un super podcast sur le cinéma. Je ne manquerai pas de vous en parler en temps utiles !

mardi 5 avril 2016

The Beverly Hills Fair Game Of Cobra Cop

#SpoilersInside

Warriors, Les guerriers de la nuit, 48 heures, Les Rues de feu, Commando, L’Arme fatale, Predator, Die Hard, Road House, L’Arme fatale 2, Die Hard 2, The Adventures of Ford Fairlane (faudrait que je parle ici…), Predator 2, Hudson Hawk, Le Dernier samaritain, L’Arme fatale 3, Demolition Man, Assassins… Voilà une partie des films produits par Joel Silver entre 1979 et 1995.

Après 1995, il produira (entre autres) : Ultime décision, L’Arme fatale 4, la trilogie Matrix, Kiss Kiss Bang Bang, V pour vendetta, Sherlock Holmes, Sherlock Holmes: A Game of Shadows… J’ai envie de dire « Merci Monsieur » !


Et donc, en 1995, il produit Fair Game, le premier film de Andrew Sipes. Mais putain, c’est qui Andrew Sipes ? Ben c’est le réalisateur de Fair Game. Voilà… Et c’est la seule et unique chose que l’on sait sur lui. Le gars n’avait rien réalisé avant, tout juste avait-il écrit quelques scripts d’épisodes de séries TV (Equalizer et Street Justice, notamment) et après Fair Game, Sipes a totalement disparu pour ne plus jamais réapparaître…

Qu’est-il devenu ? personne n’en sait rien… Silver l’a peut-être fait buter qui sait ? Le gros bide du film au box-office (11 millions $ de recettes pour 50 de budget) et les rumeurs sur son comportement égocentrique et irrespectueux pendant le tournage (même avec ses deux stars) y sont probablement pour quelque chose…


Fair Game (1995 - 4.1/10 sur IMDb) de Andrew Sipes donc, est un film d’action sorti en 1995 (année de sortie de Bad Boys de Michael Bay, d’ailleurs les films ont quelques points communs). Mais l’info moins connue, c’est qu’en fait, Fair Game est un reboot !!! Et oui, c’est une adaptation de la nouvelle A Running Duck écrite par Paula Gosling en 1979, qui a déjà été adaptée.

#Flashback

On est en 1983, la pré production de Beverly Hills Cop bat son plein. À l’époque, l’acteur envisagé pour le rôle principal est Mickey Rourke (et oui !) qui vient de signer un contrat de 400 000 $ avec la Paramount. Mais l’acteur demande des modifications dans le script qui font prendre du retard au planning. Finalement, insatisfait du résultat, Rourke quitte la production à la fin de sa durée d’engagement initiale. Comment gagner 400 000 balles sans bosser, bien ouais’ Mickey !


Sylvester Stallone signe alors pour reprendre le rôle non sans négocier de pouvoir participer à une nouvelle écriture. Il désire orienter le film vers un côté moins comédie et plus action, mais les producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson refusent ses idées jugées trop couteuses. Deux semaines avant le début du tournage, Stallone est viré par Bruckheimer/Simpson et remplacé par Eddie Murphy. Sly déclarera dans une interview, de longues années après, que si son script avait été validé, le final de Beverly Hills Cop aurait ressemblé à la scène d’ouverture de Saving Private Ryan (!). Deux ans après la sortie du film, Stallone utilisera certaines des idées rejetées pour Beverly Hills Cop dans un autre projet, l’adaptation de la nouvelle A Running Duck écrite par Paula Gosling en 1979, qui n’est autre que Cobra de George P. Cosmatos. Fair Game est donc un reboot (voire un remake non-officiel) de Cobra.

#FinDuFlashback

Bon, alors c’est vrai que ça raconte un peu la même chose : un flic doit protéger un témoin qui se trouve être jolie jeune femme. Mais les films sont quand même assez éloignés.

Kate McQuean (Cindy Crawford) est une jeune et jolie avocate de Miami qui aime se prendre des balles perdues en faisant son footing. En voulant faire saisir un bateau pour un de ses clients, elle se retrouve poursuivie par la mafia russe qui utilise ce bateau afin de voler/détourner une grosse somme d’argent. L'inspecteur Max Kirkpatrick (William Baldwin) est chargé de sa protection après deux tentatives d’assasinat ratées. Il va devoir protéger la ravissante avocate et déjouer les nombreux pièges tendus par leurs poursuivants.

Fair Game n’est pas un film très aimé… 13 % sur Rotten Tomato, 4.1/10 sur IMDb, 11 millions $ de recettes pour un budget de 50, des critiques assassines, des avis publics encore pires, un réalisateur qui ne refera jamais de films et une Cindy Crawford dont ce sera le seul et unique rôle principal de toute sa courte carrière d’actrice. Elle sera d’ailleurs nommée 3 fois aux Razzie Awards en 95 (Worst Actress (Crawford), Worst New Star (Crawford) and Worst Screen Couple (Crawford and Baldwin), mais c’est Showgirls qui raflera tout…

Et pourtant, si c’était quand même pas si mal que ça… Si c’était finalement pas trop trop mal shooté, assez bien rythmé et que ça proposait quand même son lot de bonnes scènes… Et bien pour moi, la réponse est (je vous le donne en mille) : oui ! Ha ha, moi, j’aime bien Fair Game.

Baldwin assure le job, il n’a jamais été un grand acteur, mais il fait son boulot. Crawford, franchement, c’est la loose totale, ha ha, elle ne refera presque pas de ciné après, la pauvre. Salma Hayek (qui venait de finir le tournage de Desperado) joue l’ex-petite amie de Kirkpatrick (elle explosera l’année suivante avec le rôle de Satanico Pandaemonium dans Une Nuit En Enfer). Enfin, on notera la présence de Steven Berkoff (vous savez ce type qui joue des méchants Russes dans TOUS LES PUTAINS DE FILMS AMERICAINS AVEC DES MECHANTS RUSSES), dans le rôle… d’un méchant Russe, faut suivre un peu.


Ce qui me plaît bien dans ce film, c’est son rythme assez trépidant. Passé le quart d’heure d’exposition, le rythme accélère et ne faiblira quasiment pas. Les Russes font sauter la maison de Cindy, mais elle est projetée dans le canal qui entoure la marina. Un tueur essaye de lui tirer dessus et Baldwin, pour protéger Cindy, plonge dans l’eau, en tirant avec son Beretta 92F argenté, au ralenti. On est en 1995, Hard Target est sorti depuis 2 ans, Hard Boiled a buzzé dans le monde entier chez les aficionados d’actioner, bref, merci John Woo.


Je me permet de mettre en évidence deux séquences que j’aime bien dans le film : la fusillade dans l’hôtel et la poursuite en dépanneuse. Dans la première scène, Baldwin et Cindy sont caché dans un hotel, mais les Russes les repèrent et profitent d’une livraison de pizza pour faire entrer leurs tueurs dans l’hotel et décimer l’équipe de flics alors que leur boos les aide avec un appareil à vision thermique. Je trouve cette scène très sympa car le décor est utilisé de fond en comble, c’est généreux, c’est rated R, il y a du suspense, franchement sympa. La scène de poursuite en voiture avec la dépanneuse jouis des mêmes qualités, on se croirait presque dans un épisode de la saga L’Arme Fatale.


Le final est un peu plus oubliable (mais il y a un joli combat entre Baldwin et la bad girl Russe méga-vénère avant le climax sur le bateau qui vaut le coup d’oeil, rapidement). Quand au final totalement gonzo où Baldwin et Cindy s’échappent du bateau en train d’exploser, au ralenti, c’est du gros nawak, c’est cadré et monté n’importe comment, à tel point que je pense que cette scène a peut-être été re-shootée pour ajouter du boom boom à la fin du film…


Et puis, bien sûr, pour les petits vicieux, il y a des scènes de douche à ne plus en savoir que faire (environ 217), des scènes où Cindy change de t-shirt (au moins 354 fois dans tout le film) des scènes pan-pan-cul-cul dans des trains et sur des capots de bagnoles poussiéreuses.


Fair Game, je le redis, c’est pas si mal. Je vais vous dire ce qui manque vraiment à ce film : un équivalent à la scène des frites au ketchup dans Cobra !!! Voilà. En gros, manquait plus qu’une scène où Cindy et Baldwin fument des clopes en buvant de la bière et en bouffant des burgers avec bacon et sauce cheddar après avoir baisé et ce putain de film devenait un chef d’oeuvre instantané… Dommage.

Mais franchement, en l’état, je trouve Fair Game franchement sympathique.



dimanche 27 mars 2016

La Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray…de débauche

#SmallSpoilersInside

Vous vous souvenez de mon article "La Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray réussie" ? Eh bien, j’ai remis le couvert, avec trois nouveaux films. Mais cette fois-ci, c’est une soirée de totale débauche, basée sur un concept connu de beaucoup : les films dits « plaisirs coupables »…

Vous voulez passer une bonne soirée ?
VOUS VOULEZ PASSER UNE BONNE SOIREE ???
VOUS VOULEZ VIVRE UNE PUTAIN D'EXPERIENCE ???

Alors, je vous propose pour cette nouvelle "Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray…" le menu d'une parfaite soirée ciné du samedi soir. Souvent, on associe le samedi soir avec "film débile/de merde" ou aux séries B... Et bien, cette fois-ci, ça sera exactement le cas !!! Au programme : de la série B made in HOLLYWOOD formatée à l’extrême, des HEROS/ELUS à la recherche d’IDENTITE et de REDEMPTION, des FIGURES PATERNELLES interprétées par une ribambelle de CHARACTER ACTORS de folie (dans ce genre de film, j’ai toujours l’impression que tous les personnages secondaires sont interprétés par des comédiens en mode character actors même si ils n’en sont pas à la base), des COMBATS contre les FORCES DU MAL, des personnages féminins secondaires (des)incarnés par des BLONDINETTES mignonnes comme tout (et des BRUNETTES aussi, des fois) et surtout plein de CASTAGNE !!!


On commence sur les chapeaux de roues, on est là pour se taper une super soirée de débauche cinématographique totale (tout en prenant son pied hein, c’est le principe), alors on attaque avec du putain de lourd : Brett Rattner !


Au programme :
- HEROS/ELUS : Ben Hercule, c’est dans le titre ! Dwayne assure grave.
- IDENTITE et REDEMPTION : Il doit accepter sa condition de fils de Zeus et de demi-Dieu.
- FIGURES PATERNELLES : Hercule devra accepter son « vrai » père (Zeus) et supporter les blagues balourdes de son pote medium qui remplace la figure paternelle de notre héros quand Zeus et Scott Adkins sont pas dans le coin.
- CHARACTER ACTORS : Ian McShane dans la rôle du vieux pote grincheux medium, John Hurt dans la rôle d’un enculé de roi tyrannique (comme d’hab’).
- COMBATS : Le film apporte son lot de bastons réjouissantes, et franchement, à ce niveau, le film est pas si mal que ça…
- FORCES DU MAL : Lord Cotys, un enfoiré de roi tyrannique comme il en pullule dans ce genre de film.
- BLONDINETTE ou BRUNETTE : Les deux ! Ingrid Bolsø Berdal (que j’adore) dans le rôle de la guerrière blondinette badass et Rebecca Ferguson dans le rôle de la gentille brunette.

On est en Thrace (une région de la Grèce antique aujourd’hui divisée entre la Grèce, la Turquie et la Bulgarie actuelle) vers 1200 avant Michael Bay, heu avant J.C. pardon. C’est l’histoire de Hercule (qui prend un S en Anglais, mais pas en Français) qui ne sait pas qu’il est Hercule. Accompagné par un groupe de guerriers qui l’aident à faire vivre sa légende dans une volonté marketing (oui, oui !!!), il offre ses services de mercenaire au plus offrant. Le plus offrant, c’est le Roi Cotys qui engage Hercule pour qu’il libère son Royaume de la soit-disante tyrannie de Rhesus, un autre roi d’une région voisine. Hercule emmène les troupes de Cotys à la victoire, mais Hercule se met à douter. Cotys est-il bien la victime qu’il prétend être ou a-t-il tout manigancé pour prendre le contrôle de la Thrace, voire de la Grèce toute entière ? Hercule va devoir accepter sa condition de demi-Dieu et rétablir l’équilibre qu’il a lui-même… bah, déséquilibré, hein… heu voilà… c’est du Rattner, faut pas trop chercher…


Okay, on pourrait dire que c’est de la merde !!!
Mais alors… Pourquoi c’est quand même bien ???

C’est quand même bien parce que, ici comme souvent, le casting aide à faire passer la pilule. Dwayne assure comme un chef, il y croit trop, c’est tellement beau de voir autant de passion chez un acteur comme lui. Je suis fan de ce mec, point. Une ribambelle de rôles secondaires jouissifs incarnés par des acteurs qui assurent toujours un minimum syndical élevé (Ian McShane, John Hurt, Rufus Sewell, Ingrid Bolsø Berdal, Joseph Fiennes, Peter Mullan…). On notera la présence de l’acteur Norvégien Aksel Hennie (vu récemment dans The Martian) dans le rôle d’un jeune guerrier farouche et bestial au passé trouble, torturé, sans parole, mais profondément sympathique et attendrissant.


C’est quand même bien parce que les scènes d’action sont assez variées et divertissantes. C’est parfois plus violent (ou tout du moins, démonstratif) que ce à quoi on s’attend dans ce genre de film. Les SFX sont total what the fuck, mais c’est fun. Et puis, ça dure 1H38 ! Et des fois, que ce genre de film ne s’étale pas sur 2H40, c’est une qualité, et oui !

On poursuit avec du lourd, du très très lourd. Une relecture post-moderne du mythe de Frankenstein par les producteurs de la saga Underworld et par le réalisateur du par ailleurs sympathique Tomorrow, When the war began (qui vaut mieux que le remake de « L’aube Rouge »), aussi scénariste sur la saga Pirates des Caraïbes.


- HEROS/ELUS : Ben Frankenstein, c’est dans le titre ! Aaron assure grave.
- IDENTITE et REDEMPTION : Il doit accepter sa condition de créature immortelle et deviendra tueur de démons (et oui !)
- FIGURES PATERNELLES : La présence du docteur Frankenstein est ici totalement écartée. La seule figure paternaliste est celle d’un prince démon, incarné par (je vous le donne en mille) Bill Nighy, ce bon vieux Bill qu’on adore tous (même sans le savoir, pour certains).
- CHARACTER ACTORS : BILL NIGHY on a dit !!! On notera aussi la présence de l’acteur Kevin Grevioux, aussi scénariste des Underworld (vous savez le black balaise qui joue un Lycan dans plusieurs épisodes de la saga, ben c’est lui, il a aussi écrit I, Frankenstein hein, évidemment.
- COMBATS : Nawak level 300. Les scènes de fights mélangent allègrement combats aériens à la Top Gun, mais entre des démons volants et des gargouilles (!) et combats au corps à corps influencé, entre autres, par le kali.
- FORCES DU MAL : Des démons qui veulent régner sur notre monde, bouh, ça fait trop peur !
- BLONDINETTE ou BRUNETTE : Les deux ! La pépé de Chuck, Yvonne Strahovski joue la blondinette qui aide le héros, Caitlin Stasey (la mignonne héroïne de Tomorrow, When the war began), joue la brunette (un rôle d’ailleurs totalement inutile #Spoiler - surtout qu’elle meure au bout de 30 minutes).

Du super lourd, je vous dit !!! Une certaine forme de quintessence du film dit « plaisir coupable ». Allé, j’ose le dire : dans l’univers des plaisirs coupables, I, Frankenstein est, sans aucun doute, un chef d’oeuvre !!!


Imaginez… Dans un univers visuel calqué sur celui de la saga Underworld. La créature de Frankenstein (Aaron Eckhart, carré, comme d’habitude) a été crée par Victor Frankenstein, mais le vieux docteur est mort de froid en pourchassant sa créature pour la renvoyer ad patrès. 200 ans plus tard, la créature erre toujours sans but dans les montagnes. Le mec a passé 200 ans à se promener en attendant, on ne sait quoi (probablement que les démons attaquent dans la présent car les producteurs ne voulaient pas faire un film d’époque…). Soudain, lors d’une balade dans un cimetière perdus au fin fond du trou du cul des Carpates (où je sais pas où…), des démons lui tombent sur le coin de la gueule. Commandés par un prince démon (Bill Nighy, donc), ils veulent percer le secret de la création de la créature de Frankenstein pour faire entrer des milliers d’âmes de démons dans le corps de milliers d’humains qui ont été kidnappés et tués (on en parle jamais, d’ailleurs tout le monde s’en fout et personne ne le cherche… Ça devait être des Roms…) dont les corps sont entreposé dans le sous-sol de leur château (oui, les démons ont un super château top classe, un peu genre immense manoir Anglais, comme les vampires dans Underworld).

Donc, la créature de Frankenstein se bat contre les démons qui l’attaquent. Soudain, 2 gargouilles (oui, oui, vous savez ces statues de monstres qui ornes les gouttières en haut des cathédrales) arrivent, niquent les démons, sauvent la créature de Frankenstein et la ramène chez eux. Les démons ont un château de ouf, mais les gargouilles vivent carrément au grand jour, quasiment sans se cacher dans une putain de cathédrale gigantesque (la plus grande de l’univers si l’on en croit les proportions quand on la voit en plan d’ensemble). Mais ne vous inquiétez pas, il n’y a jamais personne, pas de visiteurs dans la journée, ni de messe le dimanche. De toutes façon, l’immense ville autour de la cathédrale n’abrite aucun habitant (enfin si, on en voit 2 dans une ruelles et quelques uns dans une scène de métro) ! En effet, on ne voit jamais personne, même pas un passant de temps en temps, on ne voit même pas de Roms ou de clodos qui crêchent au pied de la porte de la cathédrale. C’est pour dire dans quelle merde on est dans cet univers…

La reine des gargouilles décide de laisser la vie sauve à la créature de Frankenstein et le baptise Adam (il est le premier « mâle » de son espèce, wouah, trop intelligent de l’appeler Adam !). D’ailleurs c’est génial, parce que pour mon article, c’est quand même plus pratique d’écrire ADAM que d’écrire LA CREATURE DE FRANKENSTEIN… Bref !

Les gargouilles lui filent même des armes bénites qui lui permettront de « descendre » les démons. En effet, dans ce film, on « descend » les démons : on les envoie en enfer, donc ils descendent, puisque l’enfer est censé être, heu… en dessous quoi… À l’inverse, les gargouilles s’élèvent quand elle meurent. Alors donc, ils sont dans l’armurerie, Adam repère deux bâtons (d’où le kali style dans les combats…). Un mec gargouille dit à Adam que ce sont des armes dépassées, trop lourdes et lui déconseille de prendre ça. Donc, Adam prend justement les deux bâtons (nan, parce que merde quoi ! Ça fait 200 ans qu’il vit peinard dans la montagne, personne lui dit ce qu’il a à faire). Bon, les gargouilles sont sympathiques quand même, elles filent aussi des fringues modernes à notre héros et lui offrent même en sus une coupe de cheveux gratis ! Grande classe les gargouilles.


Adam quitte la cathédrale pour vivre sa vie. Il fait environ 3, nan allé 40 mètres à pied dans une ruelle déserte où il n’y a personne, et là, il est (encore !) attaqué par des démons, mais genre direct. Il leur nique facilement la gueule en moins de deux avec ses nouveaux bâtons. Les gargouilles viennent le chercher et le ramène dans leur cathédrale (encore !). Et là, Adam se fait très sévèrement disputer (oui, il se fait enguirlander, engueuler, passer un savon, en d’autres termes, il se fait appeler Arthur quoi) par la reine des gargouilles : "Putain, Adam, tu fais chier, on doit rester hyper discret ! Putain de ta race, il faut pas se battre dans la ville, pour pas que ces cons d’humains connaissent notre existence, merde !". Là, des hordes de démons attaquent discrètement (voir photo ci-dessous) la cathédrale et des hordes de gargouilles sortent de la cathédrale pour se défendre discrètement (voir photo ci-dessous). Le combat est féroce (mais très discret), tout explose (mais discrètement), le ciel est discrètement illuminé par les explosions, le feu, les démons qui descendent et les gargouilles qui s’élèvent dans des halos lumineux visibles à des kilomètres à la ronde, mais discrets. Evidemment, personne ne remarque rien, plus assez de pognon pour les figurants certainement… Et pis de toutes façons, la bataille est discrète...


Bon, on abrège… Adam rencontre Yvonne, une doctoresse au grand coeur qui ne semble pas si étonnée que ça quand elle voit un démon pour la première fois. Elle s’exclame juste "shit  !" et ensuite, elle sait plus trop quoi faire… À la base elle travaille sans la savoir pour les démons qui se cachent derrière une grosse entreprise high tech… Oui, comme toujours dans ce genre de films, les méchants ont toujours une super société de ouf qui gagne plein d’argent avec un super bâtiment high tech avec du marbre partout. Mais bon, Yvonne s’interroge… Doit-elle aider les démons pour conserver son job ou aider Adam… Bon, comme il se fout torse-nu devant elle et que c’est quand même Aaron, malgré ses grossières cicatrices en silicone, elle décide de l’aider… Avec l’aide de la doctoresse (plus ou moins), Adam pénètre dans la bâtiment, tue tous les démons, nique la gueule à Bill Nighy et nous voilà à 1h15 de film.


Habituellement, dans ce genre de film, il y a souvent ce qu’on pourrait appeler un « double-climax ». Une première grosse bataille, suivie d’un combat final contre le dernier méchant, ou un retournement de situation comme un deus ex-machina (un personnage qui arrive ou revient de nulle part, sans prévenir), enfin tout ce qui pourrait prolonger le film jusqu’aux 1H45 ou 2H00 habituelles… Mais ici, non !!! Dans un dernier plan soit disant iconique (comprendre : plan tournoyant et aérien à la Spider-Man -version Raimi- avec Adam sur le toit de la cathédrale qui prévient (en voix-off à la Peter Parker) le monde des démons de trembler, car il est le tueur de démon ultime, il est : Frankenstein !!!

Voilà. BOOM ! Chef d’oeuvre !!!
Ne me remerciez pas… Je sais…

On a commencé avec des guerriers sanguinaires, on a poursuivi avec des gargouilles qui mettent sur la gueule à des démons, si on se tapait une bonne tranche de robots, maintenant ???

Très librement adapté de l’oeuvre d’Isaac Asimov, le film utilise les fameuses 3 lois de la robotique :
- un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
- un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
- un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.


Au programme :
- HEROS/ELUS : Alors, c’est qui le héros ? Del Spooner ou Sonny ? Le film questionne cela… Au choix un officier de police raciste envers les robots (on est dans le futur, y’a pas de Roms, faut bien trouver une autre minorité à faire chier) et qui possède un bras artificiel suite à un accident. Ou alors… Sonny, un robot NS-5 fabriqué dans un alliage plus solide que ses semblables et doué d’une vraie conscience.
- IDENTITE et REDEMPTION : Alors là, vaste sujet… Dans ce film, tout le monde cherche un peu son identité et tout le monde cherche un peu une rédemption (bon, surtout Spooner).
- FIGURES PATERNELLES : Le docteur Lanning, l’inventeur des robots, des lois de la robotique et surtout le créateur (père ?) de Sonny, le robot doué de conscience. Il est le père d’un personnage (humain, je veux dire) secondaire.
- CHARACTER ACTORS : On retrouve avec toujours le même plaisir James Cromwell (ici dans le rôle du Docteur Lanning), on note la présence de Bruce Greenwood et de Chi Mc Bride. Enfin, on découvrait Shia LaBœuf. À cette époque, on pouvait considérer qu’il était un character actor puisqu’il jouait le même rôle dans tous les films : le jeune con au débit de parole supersonique. Il enchainera dans « Constantine », avant d’exploser dans « Transformers », en 2007.
- COMBATS : Un peu de tout, poursuite, fusillades, et même quelques mano à mano entre robots assez jouissifs.
- FORCES DU MAL : Une firme multinationale qui désire implanter un robot dans chaque foyer pour se faire un max de blé, et VIKI, l’ordinateur central qui veut mener une révolution des robots afin de protéger les humains d’eux-même, selon les 3 lois de la robotique.
- BLONDINETTE ou BRUNETTE : Brunette seulement… Bridget Moynahan incarne Susan Calvin, mais elle est, en fait, la fille du docteur Lanning.


I, Robot, c’est ce genre de film que tu vois 20 fois parce que tu aimes ça, mais au final, t’es infoutu de dire si tu regardes un vrai bon film ou si tu es juste victime de tes émotions et que tu kiffes de la merde (ce qui m’arrive assez souvent, ha ha, MDR). J’ai cependant conscience qu’il s’agisse quand même d’un bon gros plaisir coupable, mais honnêtement, ce film fait partie des mystères de mes goûts en matière de cinéma : j’adore à un niveau de ouf, mais je sais pas trop vraiment pourquoi… Le coeur a ses raisons…


Mais, en fait… Je crois que malgré tous les nombreux défauts du film, il subsiste une vraie volonté (au moins chez Proyas) de faire un bon film. Du coup, pour moi, c’est quand même un bon film… La direction artistique est recherchée et riche. Le script est parfois bancal et le traitement (ou le ton) n’est pas toujours adéquat, mais l’histoire se laisse suivre sans déplaisir. Les rebondissements sont nombreux, le rythme assez soutenu et quelques scènes d’action assez dantesques (l’attaque de la voiture de Spooner par des dizaines de robots et le climax, notamment) viennent ponctuer le tout. Finalement, cette enquête se suit avec intérêt.


Will Smith assure le job, toujours un peu trop partagé entre son côté frimeur qui balance des punchlines et sa volonté de toucher des rôles un peu plus profonds. Le reste du casting est au niveau, avec une mention spéciale à Alan Tudyk qui interprète le rôle du robot Sonny.


La réalisation de Proyas est assez sublime, beaucoup de bonnes idées visuelles, d’expérimentations parfois et une volonté de cadrer et éclairer son univers avec classe et finesse. Dans son épilogue, le film se permet même de « transférer » le rôle fonction du héros en la personne (? ...) de Sonny, le robot. Il prend donc la place (thématique, mais aussi dans les faits mêmes du film) de Del Spooner et devient le futur meneur des robots qui errent désormais sans but, ni fonction. De là à dire qu’une suite potentielle avec Sonny dans le rôle principal eu pu être une bonne idée, mais les bonnes idées, Akiva Goldsman et la 20h Fox, si les bonnes idées ça les intéressaient, on le saurait…

Bonne soirée à tous et à bientôt pour une autre Sainte Trinité.

mercredi 23 mars 2016

Quand le ciné français se tape l'affiche

#NoSpoilers (en même temps, hein...)

...ou quand le désaveux artistique total des créateurs de comédies françaises et l'incapacité du cinéma français à évoluer, se renouveler et se diversifier se traduit même au travers des affiches.

Généralement, je parle peu du cinéma français. J'aime bien les comédies, mais j'aime quand elles sont drôles et réussies. Je me tourne donc la plupart du temps vers les comédies US qui utilisent des mécaniques et des thématiques plus aptes à me faire marrer...

Mais j'ai décidé d'aborder le thème, avec une certaine approche... Ce matin, j'étais sur un site de cinéma bien connu (pour lequel je ne ferai pas du pub, car en fait ce site à la couleur dominante jaune bien connue et qui fut au tout départ un service téléphonique de renseignements des horaires de cinémas, et bien il est naze...). Bref ! J'étais sur ce site pour regarder des horaires de séances de cinéma afin d'assister à l'affrontement entre le psychopathe en cuir noir et le demi-Dieu en slip rouge. Et là, je vois un récapitulatif des sorties du moment et un "schéma visuel" répétitif est rapidement apparu.

En effet, on repère vite de grandes similitudes dans les affiches de comédies françaises. J'ai un peu creusé le terrain, et voilà ce que j'en tire...

Voici 4 affiches de films français (que de la comédie ou assimilé) actuellement ou très bientôt à l'affiche (en gros, ce sont des films de Février, Mars et Avril 2016. C'est assez édifiant sans avoir besoin de trop entrer dans les détails...


Le fond est le même dans tous les cas : le sol et du ciel bleu, un arrière-plan bucolique et verdoyant.
Le contenu est le même dans tous les cas : le casting en solo, duo, trio, groupe, debout.
Le titre est le même dans tous les cas : un gros titre, avec une police simple.
Le look général est le même dans tous les cas : utilisation des couleurs primaires, et c'est tout.

En me souvenant que des affiches comme celles-là, on en voit des dizaines par an, j'ai décidé de chercher un peu plus loin... Voici donc 4 affiches de films français (que de la comédie ou assimilé) sortis en Février, Mars et Avril 2014, soit la même période, mais il y a deux ans... C'est tout aussi édifiant !


Le fond est le même dans tous les cas : le sol et du ciel bleu, un arrière-plan bucolique et verdoyant.
Le contenu est le même dans tous les cas : le casting en solo, duo, trio, groupe, debout.
Le titre est le même dans tous les cas : un gros titre, avec une police simple.
Le look général est le même dans tous les cas : utilisation des couleurs primaires, et c'est tout.

Je ne sais pas vous, mais moi, je le crie haut et fort : ON VIENT DE VOIR 8 FOIS LA MÊME PUTAIN D'AFFICHE, BORDEL !!!

Allé, petit bonus... Un autre "schéma visuel" répétitif qu'on trouve également beaucoup.


Le fond est le même dans tous les cas : inexistant, du ciel bleu très souvent ou un fond blanc vide (ou les 2).
Le contenu est le même dans tous les cas : le casting en trio exclusivement, debout de face, coupé à la taille à peu près.
Le titre est le même dans tous les cas : un titre rouge et blanc souvent "bricolé" (journal, pilule, étiquette).
Le look général est le même dans tous les cas : François le Français style, à savoir bleu, blanc, rouge.

C'est moche (au propre comme au figuré), c'est triste et c'est aussi révélateur d'un problème bien connu qu'il est inutile de développer encore et toujours.

Finalement, en proposant continuellement, semaine après semaine, les mêmes films comiques accompagnés de leurs mêmes affiches stupides, le cinéma français s'auto-préserve : si il n'y a que ça, les gens ne pourront aller voir que ça au cinéma et du coup, un certain nombre de ces films feront des entrées. Le CNC touchera son fric, le reversera aux producteurs qui referont 2 ans plus tard les mêmes films, avec les mêmes acteurs et les mêmes affiches...

En gros, notre ami imaginaire Patrick, qui est allé voir Bienvenue Chez Les Ch'tis a (en partie) financé les 12 films ici présents... Si Patrick arrête d'aller voir des merdes, et va voir un gros film d'action Américain qui fera plein d'entrées, que se passe-t-il ? Ah merde, on m'informe qu'une partie de sa place ira aussi au CNC et que ça financera donc, non pas un gros film d'action Français, non, non ! Par contre, ça financera certainement la prochaine comédie avec Kad Mérad, Dany Boon et une pimbêche prétentieuse qui sait pas jouer...

En gros, on est baisés de ouf...


Ça fait peur, hein ? Vous inquiétez pas, on y vient...


mardi 23 février 2016

La Meuf a Ridley

#NoSpoilers

Giannina Facio c’est la meuf à Ridley (Scott hein, vous en connaissez un autre ?) mais c’est aussi des fois la meuf à Russell (Crowe hein, comme on parle de Ridley Scott, on parle sûrement de Russell Crowe)… C’est quoi ce bordel ???

Giannina Facio est une actrice originaire du Costa Rica. Elle est née le 10 septembre 1955. Elle commence sa carrière en 1984 et durant près de 15 ans, elle enchaine les petits rôles dans des films mineurs (1 téléfilm Italien où elle incarne Hélène de Troie) ou des séries TV (1 épisode de Miami Vice en 1985). En 1999, elle est castée pour le rôle de la femme de Maximus dans Gladiator, du coup elle rencontre Ridley Scott. Je vous passe les détails, ils tombent amoureux, et commencent à sortir ensemble en 2000. Une affaire qui roule : 16 ans plus tard, ils sont toujours ensembles et viennent même de se marier il y a quelques mois. Depuis leur rencontre, Ridley a décidé de la placer dans tout ses films, ou presque. Elle y joue souvent la femme ou la soeur d'un personnage important.


Donc, après avoir été Maximette, Giannina (je me demande bien quel est son petit surnom "à la ville", Gia ? Nina ? Anyway…) endosse le rôle d’une employée de Verger dans Hannibal en 2001. La même année, elle incarne Stephanie Shughart, la femme du Sergent Première Classe Randall D. Shughart dans Black Hawk Down.

Petit aparté, le Sergent Première Classe Randall D. Shughart est incarné à l’écran par Johnny Strong, qu’on a pu aussi voir dans le premier Fast & Furious ou dans le très bon Sinners and Saints (avec aussi Louis Mandylor, l'acteur principal de Tension(s), hum...). On le verra prochainement dans le très attendu Daylight’s End (toujours avec Louis Mandylor). Johnny Strong est un acteur tout à fait exceptionnel malheureusement beaucoup trop rare à l’écran. C'est de plus un homme particulièrement intéressant et très sympathique ; j’ai discuté plusieurs fois avec lui, on a des copains en commun, genre Louis Mandylor (pour ceux qui suivent pas et à qui faut tout expliquer). BREF ! :P *


Elle joue une employée de banque dans Matchstick Men en 2003, la soeur de Saladin dans Kingdom Of Heaven en 2005 et une avocate dans A Good Year. Puis, en 2008, elle redevient la femme de Russell Crowe dans Body Of Lies.


Elle apparaît aussi dans Robin Hood, elle est la mère d’Elisabeth Shaw (on la voit dans les rêves de Shaw) dans Prometheus, elle fait une apparition dans The Councelor et joue la soeur de Jethro dans Exodus: Gods and Kings.

Au final, depuis qu’elle est avec Ridley, Giannina Facio est apparue dans tous les films réalisés par son talentueux de mari, sauf American Gangster et The Martian. Elle fait un peu la productrice aussi à ses heures perdues.


Voilà ! Maintenant, vous savez qui est Giannina Facio. Vous ne vous coucherez pas moins bêtes ce soir, mais c'est pas le but de ce blog :)

lundi 15 février 2016

Red Planet : merde cosmique ou nanar savoureux ?

#SpoilersInside

En 2057, la Terre est surpolluée. Mars est l’ultime salut de l’humanité depuis que la NASA a envoyé des « bombes biologiques » contenant des algues censées créer une atmosphère respirable. La première expédition habitée pour la planète rouge est programmée afin de comprendre pourquoi les algues sont mortes. Aux abords de Mars, une éruption solaire oblige l'équipage à atterrir en catastrophe. Ce qui devait être une simple mission de reconnaissance devient une véritable course contre la montre pour la survie de l’huma… heu, de Val Kilmer.


Red Planet (2000 - 5.6/10 sur IMDb) est un film de SF, mais c’est aussi et surtout un "survival sur Mars" et ça, déjà, c’est plutôt chouette. Réalisé par Antony Hoffman (dont c’est le seul film) pour un budget de 80 millions $, le film n’a rapporté 17 millions $ aux USA et 33 millions $ dans le monde. Autant dire, un échec au box-office. Encore un...


Red Planet ne se traine pas une bonne réputation, pas bonne du tout. Et pourtant, c’est vachement bien, surtout si on a un peu d’humour et pourquoi pas de la bière. Le film de Hoffman est surtout un très bon plaisir coupable, un nanar extrêmement généreux et un potentiel bon film pour peu qu’on s’imagine ce qu’aurait pu donner le même concept, traité avec beaucoup plus de sérieux et de tripes.

L’ingénieur en on-sait-pas-trop-quoi Val Kilmer s’envole à bord d’un vaisseau piloté par Carrie-Anne "t’as qu’à faire comme si j’étais ta soeur" Moss (qui s’appelle Bowman dans le film, paye ta réf’ à 2001). Le reste de l’équipage comporte son lot de personnage fonction habituel : le co-pilote efficace qui fera pas long feu, le botaniste pote avec le héros qui fabrique de la vodka (excellent Tom Sizemore, j’adore ce con) dans le labo du vaisseau, le vieux scientifique (Terence Stamp, sans saveur, sans odeur) qui s’en remet désormais à Dieu et le connard de service qui sert à rien d’autre que d’être un connard. Pendant le voyage, longs de plus de 6 mois (ben oui, 160 millions de kilomètres, quand même…), les astronautes ne dorment pas en hyper sommeil. Nan, ils se lancent des vannes, discutent philosophie, se mettent des grosses races à la vodka frelatée. Pendant ce temps, Carrie aime bien prendre des douches de dos pour qu’on voit pas ses boobs (dommage) et se fait griller par Kilmer : "t’as qu’à faire comme si j’étais ta soeur" qu’elle lui dit.


Aux abords de la planète rouge, une éruption solaire endommage le vaisseau, Carrie fait alors évacuer l’équipage dans la capsule d’exploration Martienne et reste à bord pour faire la maintenance pendant que l’équipe enquête sur la disparition des algues censées créer une atmosphère respirable sur Mars.

La capsule atterri (à ce niveau de bordel, c’est un crash, cela dit) sur Mars (sans « frotter » sur l’atmosphère pourtant existante, on y reviendra) lors d’une séquence assez mémorable au cours de laquelle la capsule, entourée d’air-bags qui se sont gonflés pour amortir la chute, rebondi pendant 10 bonnes minutes dans un interminable enchainement de plans au ralenti.


Une fois sur place, l’équipage se rend compte que leur base est détruite. Oui, parce que ils viennent d’arriver, et il y a déjà une base. On théorisera sur le fait qu’elle a probablement été construite par des robots automatisés envoyés précédemment, mais le script s’en bat la race de nous l’expliquer clairement. Sur le vaisseau, un incendie se déclare et Carrie Bowman décide d’ouvrir le sas du vaisseau pour faire le vide à l’intérieur pour éteindre le feu (oui parce que sans oxygène, pas de combustion). Spoiler : elle réussi !

Les choses vont aller de mal en pis. Comme leur réserve d’air diminue, le co-pilote Santen (Benjamin Bratt, le cultissime Alfredo Garcia de Demolition Man) veut se suicider tranquille en sautant d’une falaise pour pas mourir asphyxié. Mais à ce moment précis, le connard de service (Simon Baker en mode pré-The Mentalist) lui fout un bourre-pif. L’autre tombe quand même dans le vide, mais du coup on sait plus si c’est un suicide ou un meurtre… Val Kilmer, en train d’étouffer lui aussi, retire son casque par réflexe de survie : Ouf ! l’air est respirable. Terence Stamp, qui n’a encore rien fait de tout le film est blessé à mort, alors les autres l’abandonne et il meurt comme une grosse merde assis tout seul sur Mars après avoir discuté vite fait de philosophie et de Dieu avec un Val Kilmer qui a l’air de s’en foutre un peu royalement.


Hoffman est fan de 2001, non content d’avoir appelé un des perso Bowman, il décide que son film aura lui aussi son HAL 9000, mais avec un oeil bleu, pour plus de finesse dans le clin d’oeil (ou le gros coup de coude bourrin). Et paf : nouveau problème. Un problème qui porte le nom de AMEE (Autonomous Mapping Exploration and Evasion), qui aurait dû s'appeller AMSKFCCP (Autonomous Military Space Kung-Fu Champion Cybernetic Panther). AMEE c’est un chat robot militaire. Elle (c’est une fille) a deux programmes : un programme de reconnaissance tout simple et un programme militaire qui fait d’elle un prédateur. Putain de bordel de merde de crotte de bique, loi de Murphy oblige, le crash débloque son programme militaire. AMEE prend le groupe d’astro-survivant(s) (moi aussi, j’sais faire des clins d’oeil lourds Antony) pour des éléments hostiles. Oups !


Iceman, le connard mentaliste et l’alcoolo (tu parles d’un équipage d’expédition spatiale) démontent un vieux Rover (les petites voitures commandées à distance qui récoltent des échantillons et des données pour des études scientifiques) pour communiquer avec Carrie. Heureusement, le botaniste (et non Val l’ingénieur) a un tournevis électrique pour pouvoir ouvrir le Rover. Le salut de l’équipe au sol réside dans une capsule Russe qui pourrait leur servir à retourner à bord du vaisseau de Carrie, toujours en orbite autour de Mars.

Et là, tout s’accélère, le film prend un rythme assez enlevé et efficace. AMEE traque l’équipage et bute le connard mentaliste. Val et Tom découvrent que les algues ont disparues car elles ont été bouffée par des petites bêtes style scarabées Martiens qui pètent du CO2 avec leurs minis trous du cul spatiaux, d’où la présence d’air sur Mars. Problème, les scarabées, ils bouffent pas que les algues, ils bouffent aussi les botanistes. Alors l’autre alcoolo là, il réussi à chopper deux pauvres scarabées pour les étudier. Heureusement, le botaniste a un tube à essai spécialement conçu pour attraper les scarabée de l’espace qui pètent du CO2. Sizemore donc, file le tube à l’ex-pilote de Top Gun et s’immole à l’aide d’une torche. Heureusement, d'ailleurs que le botaniste a une petite torche pour faire gratiner le caramel au dessus des crèmes dessert dans son attirail de survie. Tom lâche la torche, bye bye Sizemore… Les algues crament, et l’oxygène contenu dans le cul des scarabées prend feu. Une immense marée de feu déciment donc toute vie dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres, comme en atteste un plan large. En gros, Sizemore vient de décimer tout l’éco-système qui faisait que l’atmosphère de Mars était devenu respirable...


Résumons. La NASA envoie une mission pour faire pousser des algues, ça plante. Ils envoient une mission pour comprendre pourquoi ça a planté, les mecs arrivent sur place, découvrent qu’on peut respirer et qu’il y a de la vie sur Mars et eux, dans un grand élan de n’importe quoi réduisent tous les espoirs de l’humanité à néant avec… Bref !

Pendant ce temps-là, sur le vaisseau, Carrie trouve le temps long. Et en fait, par un très subtil flashback, on comprend qu’elle kiffe grave Iceman. Lui, il kiffe bien Matrix et puis c’est la seule meuf à 160 millions de bornes à la ronde, alors il fait pas son difficile et voudrait bien montrer à Carrie comment on fait l’hélicoptère avec sa bite en apesanteur.


Val arrive à la capsule Russe et nique la gueule à AMEE en lui tendant un traquenard façon guérilla. Il arrive à faire démarrer la capsule et décolle vers le vaisseau sans prévenir Carrie. Mais bon, elle a de bons yeux. Elle le repère qui flotte dans l’espace et va le chercher en sortie extra-véhiculaire. Et Val, tranquille va pouvoir baiser Carrie et rentrer sur la Terre, toujours polluée et sans espoir de déménagement sur Mars vu que toutes les algues et les scarabées ont cramé et leur CO2 avec… La Terre devra donc trouver un autre moyen de survie. The End.

Okay, boom ! Red Planet est une préquelle thématique à Interstellar !!! Prend ça dans ta gueule Christopher.

Au final, Red Planet s’en sort très bien. Le casting est tout à fait agréable, les séquences d’action bien qu’absolument invraisemblables sont assez jouissives. Le film file sur un rythme assez soutenu pour maintenir l’intérêt et propose sans cesse de nouvelles idées débiles qui nous font beaucoup rigoler. Donc en fait, on en a pour notre argent car Red Planet se savoure. Comme un excellent plaisir coupable. Comme un nanar de luxe à 80 patates. Et même un peu comme un bon gros big Mac de chez McDo™ dégoulinant de graisse : on sait que c’est un peu de la merde, que c’est pas forcément bon pour nous, mais on kiffe quand même d’en bouffer un de temps en temps. Et puis bordel, Val a tellement la classe…