jeudi 11 février 2016

La Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray...réussie

#NoSpoilers

(imaginons qu'on est samedi soir)

Vous voulez passer une bonne soirée ?
VOUS VOULEZ PASSER UNE BONNE SOIREE ???
VOUS VOULEZ VIVRE UNE PUTAIN D'EXPERIENCE ???

Et bien voilà, je vous présente le menu d'une parfaite soirée ciné du samedi soir. hey ! attention, je vous voir venir. On associe souvent le samedi soir avec "film débile/de merde" ou aux séries B, quand l'expression est employée par quelqu'un d'un peu prétentieux... Moi je vous parle de regarder à la fois des films de divertissement, mais aussi du bon cinéma. Et vous aller voir, la soirée risque fort de déménager surtout avec un crescendo comme celui-là.



C'est parti ! On va faire pipi comme au ciné, on sort le Jack™, le Coca™, les chips, les tapas, voire pour certains dingues les Babybel™ (je ne sais pas du tout d'où je tiens cette idée), on fait chauffer le four et on sort la pizza du congélo. Bien sûr on fait tout ça après avoir mis le Blu-ray dans le lecteur afin de ne pas se taper les habituels putains de messages qui te disent que pirater c'est mal, alors que TOI, tu l'as ACHETE ce putain de film, et que les avis exprimés, patati-patata... Bref !

Tout d'abord, vous attaquerez en toute sobriété avec The Book of Eli (2010 - 6.9/10 sur IMDb), réalisé par les Hugues Brothers (Albert et Alex, aussi responsables de Menace To Society, Dead Presidents et From Hell,  pour le meilleur).



Denzel (ouais, moi j'dis que son prénom, putain, c'est Denzel quoi... :) ) y incarne Eli, un mec qui a un livre (d'où le titre, hein, bande de malins) et qui veut le protéger quitte à pêter la gueule de tous les loubards qui vivent dans le "wasteland" (appellation souvent donnée aux mondes post-apocalyptiques, on pense qu'elle vient sûrement de l'esprit d'un certain Georges... Et c'est pas la moitié d'un con, Georges, croyez-moi !). Je vous raconte pas la suite, hein, je vais essayer, POUR UNE FOIS, de ne pas spoiler les films dont je parle. You're welcome, thank you, goodbye.

C'est assez redoutable (re-dou-table) en terme de mise en scène, l'image est vraiment jolie, Densel assure un max et se prend pour Steven Seagal dans le désert (sauf que lui, il coupe les bras, il les casse pas, nuance...), y'a des gentils, y'a Mila Kunis (Jupiter quoi, pour ceux qui suivent un peu), y'a même ce taré de Gary Oldman venu cabotiner dans le rôle du bad guy ! Ça s'apparente à un cross-over, un mélange des genres quoi... Alors, à vous d'y voir ce que vous voulez : une version post-apo d'un western, ou d'un film de chevalier, ou d'un film de sabres japonais (hum...) ou même d'un remake de Matrix dans le désert, vous vous démerdez ! ;) En tous cas, croyez-moi, ça passe bien.



L'heure tourne. Pause pipi, on réapprovisionne le Jack™, on ne part pas les mains vides et on en profite pour mettre le carton de la pizza à la poubelle. On sort la deuxième bouteille de Coca™ du frigo, on vide le cendrier et on pense à ce que j'ai dit, on met le Blu-ray dans le lecteur pour éviter de se faire traiter de pirates pendant 3 plombes (faudra que je fasse un article sur ça, tient...).

Couper des bras, c'est bien 5 minutes, mais on va calmer, ha ha ha (vous comprendrez pourquoi je me marre au mot "calmer" en voyant le film) le jeux et passer à un tout autre genre : le film pour enfant, et oui. Mais pas n'importe lequel : Speed Racer (2008 - 6.1/10 sur IMDb) des W (oui, ben m'emmerdez-pas, j'y suis pour rien si les duos de frangins/frangines sont doués). Et Speed Racer, c'est juste LE MEILLEUR FILM POUR GOSSES DE TOUS LES TEMPS !!! Voilà. Mais rassurez-vous, c'est aussi très bien pour les adultes !



C'est encore plus redoutable que The Book of Eli en terme de mise en scène (et souvenez-vous, je parlais de crescendo), c'est une leçon de montage, de trucs et d'astuces, une mine d'information et de découverte, un terrain d'exploitation et d'expérimentation que les frères (ils l'étaient encore à l'époque avant que Larry ne devienne Lana). C'est bourré de scènes cultes (la course où le jeune héros roule -littéralement- dans les trajectoires qu'a emprunté son frère, lui aussi pilote, auparavant et puis aussi, grosso merdo, toutes les autres scènes de ce putain de chef d'oeuvre). C'est une claque visuelle de malade et ça porte un discours bien plus profond qu'il n'y paraît (mais ça, c'est commun aux trois films).



Allé, il est l'heure d'attaquer les choses sérieuses, j'avais parlé de crescendo. Alors un pipi vite fait, on range le Jack™, on sort les Haribos, on sort la bière (Fosters™ tant qu'à faire, on va jouer l'immersion) on se rallume un énième clope et surtout on oublie pas la Volvic™ pour la fin (alcool, déshydratation, mal de tête, tout ça...). Normalement, si t'es pas con, t'as retenu la leçon sur le moment propice à l'insertion du disque dans ton lecteur. Donc le timing est parfait et ce putain de message comme quoi tu es un pirate alors que TOI, tu l'as ACHETE ce putain de film, est passé.

Ne pas couper des bras et conduire des bolides à la place, c'est bien 5 minutes, mais on va accélérer, ha ha ha (vous comprendrez pourquoi je me marre au mot "accélérer" en voyant le film) la cadence et terminer cette splendide soirée avec Max Max: Fury Road (2015 - 8.2/10 sur IMDb - Boom !). Accrochez-vous au siège, en avant pour un retour express vers le "wasteland" orchestré par Georges Miller (ah mais oui, putain, Georges !!! Ah... Okaaaaay...).



Bon, Fury Road, c'est compliqué d'en parler, parce qu'on tombe vite dans le superlatif, et je  ne suis pas du tout ce genre de mec... Nan je déconne, c'est un putain de chef d'oeuvre, c'est 5 étoiles imprimées au fer rouge direct sur ton cul, c'est splendide, extraordinaire, ébouriffant, ahurissant, époustouflant, exceptionnel, fabuleux, incomparable, prodigieux, virtuose, taré, inimaginable, putain, c'est... miraculeux !!! Un film qui arrive à dire autant de choses sur les personnages et l'histoire sans avoir recours aux dialogues, mais en racontant une histoire plus profonde qu'il n'y paraît (mais ça, c'est commun aux trois films) grâce à la mise en scène des séquences d'action, c'est du quasiment jamais vu. Et putain, c'est un pur bonheur à regarder.



Voilà, normalement, vous êtes lessivés, exténués, mais heureux car vous venez de vivre une expérience sensorielle hors du commun. Vous venez de regarder trois films hors du commun, trois oeuvres singulières.

Ce cinéma dont le but premier était en fait de nous divertir nous a, en fait, exposé les grands mystères de l'Humanité. Que faisons-nous sur cette planète ? Pourquoi sommes-nous là ? En quoi devrions-nous croire ? L'importance de l'amitié, de la famille, du sacrifice, etc...

Au travers de ces oeuvres épiques à souhait (j'adore cette expression "épique à souhait") vous avez vu un monde en cours d'anéantissement (que ce soit le monde en déliquescence d'Eli, le monde qui peut vaciller à tout moment de Racer ou le monde proche de l'extinction de Fury), reflet de notre société actuelle. Vous avez vu des personnages (extra)ordinaires se battre pour la justice et la liberté, pour ce en quoi ils ont décidé de croire. Vous les avez vu triompher des forces du mal pour s'accomplir dans l'adversité, le sang, la poussière et les larmes.

Même si vous n'en avez pas conscience, cette soirée et ces trois films vous auront marqué, peut-être même changé... Observer l'Humanité (au sens "entité morale" du terme) se battre pour retrouver son humanité (au sens "altruiste" du terme) est de toutes façons très enrichissant et vous devriez commencer à ressentir un tout petit peu de chaleur qui vous envahi, un peu de bonheur, de sérénité et pourquoi pas même un peu d'espoir... C'est ce que veut dire ce petit sourire qui est en train de naître sur votre visage.

Putain, ça fait du bien, non ?