dimanche 27 mars 2016

La Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray…de débauche

#SmallSpoilersInside

Vous vous souvenez de mon article "La Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray réussie" ? Eh bien, j’ai remis le couvert, avec trois nouveaux films. Mais cette fois-ci, c’est une soirée de totale débauche, basée sur un concept connu de beaucoup : les films dits « plaisirs coupables »…

Vous voulez passer une bonne soirée ?
VOUS VOULEZ PASSER UNE BONNE SOIREE ???
VOUS VOULEZ VIVRE UNE PUTAIN D'EXPERIENCE ???

Alors, je vous propose pour cette nouvelle "Sainte Trinité d'une soirée Blu-ray…" le menu d'une parfaite soirée ciné du samedi soir. Souvent, on associe le samedi soir avec "film débile/de merde" ou aux séries B... Et bien, cette fois-ci, ça sera exactement le cas !!! Au programme : de la série B made in HOLLYWOOD formatée à l’extrême, des HEROS/ELUS à la recherche d’IDENTITE et de REDEMPTION, des FIGURES PATERNELLES interprétées par une ribambelle de CHARACTER ACTORS de folie (dans ce genre de film, j’ai toujours l’impression que tous les personnages secondaires sont interprétés par des comédiens en mode character actors même si ils n’en sont pas à la base), des COMBATS contre les FORCES DU MAL, des personnages féminins secondaires (des)incarnés par des BLONDINETTES mignonnes comme tout (et des BRUNETTES aussi, des fois) et surtout plein de CASTAGNE !!!


On commence sur les chapeaux de roues, on est là pour se taper une super soirée de débauche cinématographique totale (tout en prenant son pied hein, c’est le principe), alors on attaque avec du putain de lourd : Brett Rattner !


Au programme :
- HEROS/ELUS : Ben Hercule, c’est dans le titre ! Dwayne assure grave.
- IDENTITE et REDEMPTION : Il doit accepter sa condition de fils de Zeus et de demi-Dieu.
- FIGURES PATERNELLES : Hercule devra accepter son « vrai » père (Zeus) et supporter les blagues balourdes de son pote medium qui remplace la figure paternelle de notre héros quand Zeus et Scott Adkins sont pas dans le coin.
- CHARACTER ACTORS : Ian McShane dans la rôle du vieux pote grincheux medium, John Hurt dans la rôle d’un enculé de roi tyrannique (comme d’hab’).
- COMBATS : Le film apporte son lot de bastons réjouissantes, et franchement, à ce niveau, le film est pas si mal que ça…
- FORCES DU MAL : Lord Cotys, un enfoiré de roi tyrannique comme il en pullule dans ce genre de film.
- BLONDINETTE ou BRUNETTE : Les deux ! Ingrid Bolsø Berdal (que j’adore) dans le rôle de la guerrière blondinette badass et Rebecca Ferguson dans le rôle de la gentille brunette.

On est en Thrace (une région de la Grèce antique aujourd’hui divisée entre la Grèce, la Turquie et la Bulgarie actuelle) vers 1200 avant Michael Bay, heu avant J.C. pardon. C’est l’histoire de Hercule (qui prend un S en Anglais, mais pas en Français) qui ne sait pas qu’il est Hercule. Accompagné par un groupe de guerriers qui l’aident à faire vivre sa légende dans une volonté marketing (oui, oui !!!), il offre ses services de mercenaire au plus offrant. Le plus offrant, c’est le Roi Cotys qui engage Hercule pour qu’il libère son Royaume de la soit-disante tyrannie de Rhesus, un autre roi d’une région voisine. Hercule emmène les troupes de Cotys à la victoire, mais Hercule se met à douter. Cotys est-il bien la victime qu’il prétend être ou a-t-il tout manigancé pour prendre le contrôle de la Thrace, voire de la Grèce toute entière ? Hercule va devoir accepter sa condition de demi-Dieu et rétablir l’équilibre qu’il a lui-même… bah, déséquilibré, hein… heu voilà… c’est du Rattner, faut pas trop chercher…


Okay, on pourrait dire que c’est de la merde !!!
Mais alors… Pourquoi c’est quand même bien ???

C’est quand même bien parce que, ici comme souvent, le casting aide à faire passer la pilule. Dwayne assure comme un chef, il y croit trop, c’est tellement beau de voir autant de passion chez un acteur comme lui. Je suis fan de ce mec, point. Une ribambelle de rôles secondaires jouissifs incarnés par des acteurs qui assurent toujours un minimum syndical élevé (Ian McShane, John Hurt, Rufus Sewell, Ingrid Bolsø Berdal, Joseph Fiennes, Peter Mullan…). On notera la présence de l’acteur Norvégien Aksel Hennie (vu récemment dans The Martian) dans le rôle d’un jeune guerrier farouche et bestial au passé trouble, torturé, sans parole, mais profondément sympathique et attendrissant.


C’est quand même bien parce que les scènes d’action sont assez variées et divertissantes. C’est parfois plus violent (ou tout du moins, démonstratif) que ce à quoi on s’attend dans ce genre de film. Les SFX sont total what the fuck, mais c’est fun. Et puis, ça dure 1H38 ! Et des fois, que ce genre de film ne s’étale pas sur 2H40, c’est une qualité, et oui !

On poursuit avec du lourd, du très très lourd. Une relecture post-moderne du mythe de Frankenstein par les producteurs de la saga Underworld et par le réalisateur du par ailleurs sympathique Tomorrow, When the war began (qui vaut mieux que le remake de « L’aube Rouge »), aussi scénariste sur la saga Pirates des Caraïbes.


- HEROS/ELUS : Ben Frankenstein, c’est dans le titre ! Aaron assure grave.
- IDENTITE et REDEMPTION : Il doit accepter sa condition de créature immortelle et deviendra tueur de démons (et oui !)
- FIGURES PATERNELLES : La présence du docteur Frankenstein est ici totalement écartée. La seule figure paternaliste est celle d’un prince démon, incarné par (je vous le donne en mille) Bill Nighy, ce bon vieux Bill qu’on adore tous (même sans le savoir, pour certains).
- CHARACTER ACTORS : BILL NIGHY on a dit !!! On notera aussi la présence de l’acteur Kevin Grevioux, aussi scénariste des Underworld (vous savez le black balaise qui joue un Lycan dans plusieurs épisodes de la saga, ben c’est lui, il a aussi écrit I, Frankenstein hein, évidemment.
- COMBATS : Nawak level 300. Les scènes de fights mélangent allègrement combats aériens à la Top Gun, mais entre des démons volants et des gargouilles (!) et combats au corps à corps influencé, entre autres, par le kali.
- FORCES DU MAL : Des démons qui veulent régner sur notre monde, bouh, ça fait trop peur !
- BLONDINETTE ou BRUNETTE : Les deux ! La pépé de Chuck, Yvonne Strahovski joue la blondinette qui aide le héros, Caitlin Stasey (la mignonne héroïne de Tomorrow, When the war began), joue la brunette (un rôle d’ailleurs totalement inutile #Spoiler - surtout qu’elle meure au bout de 30 minutes).

Du super lourd, je vous dit !!! Une certaine forme de quintessence du film dit « plaisir coupable ». Allé, j’ose le dire : dans l’univers des plaisirs coupables, I, Frankenstein est, sans aucun doute, un chef d’oeuvre !!!


Imaginez… Dans un univers visuel calqué sur celui de la saga Underworld. La créature de Frankenstein (Aaron Eckhart, carré, comme d’habitude) a été crée par Victor Frankenstein, mais le vieux docteur est mort de froid en pourchassant sa créature pour la renvoyer ad patrès. 200 ans plus tard, la créature erre toujours sans but dans les montagnes. Le mec a passé 200 ans à se promener en attendant, on ne sait quoi (probablement que les démons attaquent dans la présent car les producteurs ne voulaient pas faire un film d’époque…). Soudain, lors d’une balade dans un cimetière perdus au fin fond du trou du cul des Carpates (où je sais pas où…), des démons lui tombent sur le coin de la gueule. Commandés par un prince démon (Bill Nighy, donc), ils veulent percer le secret de la création de la créature de Frankenstein pour faire entrer des milliers d’âmes de démons dans le corps de milliers d’humains qui ont été kidnappés et tués (on en parle jamais, d’ailleurs tout le monde s’en fout et personne ne le cherche… Ça devait être des Roms…) dont les corps sont entreposé dans le sous-sol de leur château (oui, les démons ont un super château top classe, un peu genre immense manoir Anglais, comme les vampires dans Underworld).

Donc, la créature de Frankenstein se bat contre les démons qui l’attaquent. Soudain, 2 gargouilles (oui, oui, vous savez ces statues de monstres qui ornes les gouttières en haut des cathédrales) arrivent, niquent les démons, sauvent la créature de Frankenstein et la ramène chez eux. Les démons ont un château de ouf, mais les gargouilles vivent carrément au grand jour, quasiment sans se cacher dans une putain de cathédrale gigantesque (la plus grande de l’univers si l’on en croit les proportions quand on la voit en plan d’ensemble). Mais ne vous inquiétez pas, il n’y a jamais personne, pas de visiteurs dans la journée, ni de messe le dimanche. De toutes façon, l’immense ville autour de la cathédrale n’abrite aucun habitant (enfin si, on en voit 2 dans une ruelles et quelques uns dans une scène de métro) ! En effet, on ne voit jamais personne, même pas un passant de temps en temps, on ne voit même pas de Roms ou de clodos qui crêchent au pied de la porte de la cathédrale. C’est pour dire dans quelle merde on est dans cet univers…

La reine des gargouilles décide de laisser la vie sauve à la créature de Frankenstein et le baptise Adam (il est le premier « mâle » de son espèce, wouah, trop intelligent de l’appeler Adam !). D’ailleurs c’est génial, parce que pour mon article, c’est quand même plus pratique d’écrire ADAM que d’écrire LA CREATURE DE FRANKENSTEIN… Bref !

Les gargouilles lui filent même des armes bénites qui lui permettront de « descendre » les démons. En effet, dans ce film, on « descend » les démons : on les envoie en enfer, donc ils descendent, puisque l’enfer est censé être, heu… en dessous quoi… À l’inverse, les gargouilles s’élèvent quand elle meurent. Alors donc, ils sont dans l’armurerie, Adam repère deux bâtons (d’où le kali style dans les combats…). Un mec gargouille dit à Adam que ce sont des armes dépassées, trop lourdes et lui déconseille de prendre ça. Donc, Adam prend justement les deux bâtons (nan, parce que merde quoi ! Ça fait 200 ans qu’il vit peinard dans la montagne, personne lui dit ce qu’il a à faire). Bon, les gargouilles sont sympathiques quand même, elles filent aussi des fringues modernes à notre héros et lui offrent même en sus une coupe de cheveux gratis ! Grande classe les gargouilles.


Adam quitte la cathédrale pour vivre sa vie. Il fait environ 3, nan allé 40 mètres à pied dans une ruelle déserte où il n’y a personne, et là, il est (encore !) attaqué par des démons, mais genre direct. Il leur nique facilement la gueule en moins de deux avec ses nouveaux bâtons. Les gargouilles viennent le chercher et le ramène dans leur cathédrale (encore !). Et là, Adam se fait très sévèrement disputer (oui, il se fait enguirlander, engueuler, passer un savon, en d’autres termes, il se fait appeler Arthur quoi) par la reine des gargouilles : "Putain, Adam, tu fais chier, on doit rester hyper discret ! Putain de ta race, il faut pas se battre dans la ville, pour pas que ces cons d’humains connaissent notre existence, merde !". Là, des hordes de démons attaquent discrètement (voir photo ci-dessous) la cathédrale et des hordes de gargouilles sortent de la cathédrale pour se défendre discrètement (voir photo ci-dessous). Le combat est féroce (mais très discret), tout explose (mais discrètement), le ciel est discrètement illuminé par les explosions, le feu, les démons qui descendent et les gargouilles qui s’élèvent dans des halos lumineux visibles à des kilomètres à la ronde, mais discrets. Evidemment, personne ne remarque rien, plus assez de pognon pour les figurants certainement… Et pis de toutes façons, la bataille est discrète...


Bon, on abrège… Adam rencontre Yvonne, une doctoresse au grand coeur qui ne semble pas si étonnée que ça quand elle voit un démon pour la première fois. Elle s’exclame juste "shit  !" et ensuite, elle sait plus trop quoi faire… À la base elle travaille sans la savoir pour les démons qui se cachent derrière une grosse entreprise high tech… Oui, comme toujours dans ce genre de films, les méchants ont toujours une super société de ouf qui gagne plein d’argent avec un super bâtiment high tech avec du marbre partout. Mais bon, Yvonne s’interroge… Doit-elle aider les démons pour conserver son job ou aider Adam… Bon, comme il se fout torse-nu devant elle et que c’est quand même Aaron, malgré ses grossières cicatrices en silicone, elle décide de l’aider… Avec l’aide de la doctoresse (plus ou moins), Adam pénètre dans la bâtiment, tue tous les démons, nique la gueule à Bill Nighy et nous voilà à 1h15 de film.


Habituellement, dans ce genre de film, il y a souvent ce qu’on pourrait appeler un « double-climax ». Une première grosse bataille, suivie d’un combat final contre le dernier méchant, ou un retournement de situation comme un deus ex-machina (un personnage qui arrive ou revient de nulle part, sans prévenir), enfin tout ce qui pourrait prolonger le film jusqu’aux 1H45 ou 2H00 habituelles… Mais ici, non !!! Dans un dernier plan soit disant iconique (comprendre : plan tournoyant et aérien à la Spider-Man -version Raimi- avec Adam sur le toit de la cathédrale qui prévient (en voix-off à la Peter Parker) le monde des démons de trembler, car il est le tueur de démon ultime, il est : Frankenstein !!!

Voilà. BOOM ! Chef d’oeuvre !!!
Ne me remerciez pas… Je sais…

On a commencé avec des guerriers sanguinaires, on a poursuivi avec des gargouilles qui mettent sur la gueule à des démons, si on se tapait une bonne tranche de robots, maintenant ???

Très librement adapté de l’oeuvre d’Isaac Asimov, le film utilise les fameuses 3 lois de la robotique :
- un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
- un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
- un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.


Au programme :
- HEROS/ELUS : Alors, c’est qui le héros ? Del Spooner ou Sonny ? Le film questionne cela… Au choix un officier de police raciste envers les robots (on est dans le futur, y’a pas de Roms, faut bien trouver une autre minorité à faire chier) et qui possède un bras artificiel suite à un accident. Ou alors… Sonny, un robot NS-5 fabriqué dans un alliage plus solide que ses semblables et doué d’une vraie conscience.
- IDENTITE et REDEMPTION : Alors là, vaste sujet… Dans ce film, tout le monde cherche un peu son identité et tout le monde cherche un peu une rédemption (bon, surtout Spooner).
- FIGURES PATERNELLES : Le docteur Lanning, l’inventeur des robots, des lois de la robotique et surtout le créateur (père ?) de Sonny, le robot doué de conscience. Il est le père d’un personnage (humain, je veux dire) secondaire.
- CHARACTER ACTORS : On retrouve avec toujours le même plaisir James Cromwell (ici dans le rôle du Docteur Lanning), on note la présence de Bruce Greenwood et de Chi Mc Bride. Enfin, on découvrait Shia LaBœuf. À cette époque, on pouvait considérer qu’il était un character actor puisqu’il jouait le même rôle dans tous les films : le jeune con au débit de parole supersonique. Il enchainera dans « Constantine », avant d’exploser dans « Transformers », en 2007.
- COMBATS : Un peu de tout, poursuite, fusillades, et même quelques mano à mano entre robots assez jouissifs.
- FORCES DU MAL : Une firme multinationale qui désire implanter un robot dans chaque foyer pour se faire un max de blé, et VIKI, l’ordinateur central qui veut mener une révolution des robots afin de protéger les humains d’eux-même, selon les 3 lois de la robotique.
- BLONDINETTE ou BRUNETTE : Brunette seulement… Bridget Moynahan incarne Susan Calvin, mais elle est, en fait, la fille du docteur Lanning.


I, Robot, c’est ce genre de film que tu vois 20 fois parce que tu aimes ça, mais au final, t’es infoutu de dire si tu regardes un vrai bon film ou si tu es juste victime de tes émotions et que tu kiffes de la merde (ce qui m’arrive assez souvent, ha ha, MDR). J’ai cependant conscience qu’il s’agisse quand même d’un bon gros plaisir coupable, mais honnêtement, ce film fait partie des mystères de mes goûts en matière de cinéma : j’adore à un niveau de ouf, mais je sais pas trop vraiment pourquoi… Le coeur a ses raisons…


Mais, en fait… Je crois que malgré tous les nombreux défauts du film, il subsiste une vraie volonté (au moins chez Proyas) de faire un bon film. Du coup, pour moi, c’est quand même un bon film… La direction artistique est recherchée et riche. Le script est parfois bancal et le traitement (ou le ton) n’est pas toujours adéquat, mais l’histoire se laisse suivre sans déplaisir. Les rebondissements sont nombreux, le rythme assez soutenu et quelques scènes d’action assez dantesques (l’attaque de la voiture de Spooner par des dizaines de robots et le climax, notamment) viennent ponctuer le tout. Finalement, cette enquête se suit avec intérêt.


Will Smith assure le job, toujours un peu trop partagé entre son côté frimeur qui balance des punchlines et sa volonté de toucher des rôles un peu plus profonds. Le reste du casting est au niveau, avec une mention spéciale à Alan Tudyk qui interprète le rôle du robot Sonny.


La réalisation de Proyas est assez sublime, beaucoup de bonnes idées visuelles, d’expérimentations parfois et une volonté de cadrer et éclairer son univers avec classe et finesse. Dans son épilogue, le film se permet même de « transférer » le rôle fonction du héros en la personne (? ...) de Sonny, le robot. Il prend donc la place (thématique, mais aussi dans les faits mêmes du film) de Del Spooner et devient le futur meneur des robots qui errent désormais sans but, ni fonction. De là à dire qu’une suite potentielle avec Sonny dans le rôle principal eu pu être une bonne idée, mais les bonnes idées, Akiva Goldsman et la 20h Fox, si les bonnes idées ça les intéressaient, on le saurait…

Bonne soirée à tous et à bientôt pour une autre Sainte Trinité.

mercredi 23 mars 2016

Quand le ciné français se tape l'affiche

#NoSpoilers (en même temps, hein...)

...ou quand le désaveux artistique total des créateurs de comédies françaises et l'incapacité du cinéma français à évoluer, se renouveler et se diversifier se traduit même au travers des affiches.

Généralement, je parle peu du cinéma français. J'aime bien les comédies, mais j'aime quand elles sont drôles et réussies. Je me tourne donc la plupart du temps vers les comédies US qui utilisent des mécaniques et des thématiques plus aptes à me faire marrer...

Mais j'ai décidé d'aborder le thème, avec une certaine approche... Ce matin, j'étais sur un site de cinéma bien connu (pour lequel je ne ferai pas du pub, car en fait ce site à la couleur dominante jaune bien connue et qui fut au tout départ un service téléphonique de renseignements des horaires de cinémas, et bien il est naze...). Bref ! J'étais sur ce site pour regarder des horaires de séances de cinéma afin d'assister à l'affrontement entre le psychopathe en cuir noir et le demi-Dieu en slip rouge. Et là, je vois un récapitulatif des sorties du moment et un "schéma visuel" répétitif est rapidement apparu.

En effet, on repère vite de grandes similitudes dans les affiches de comédies françaises. J'ai un peu creusé le terrain, et voilà ce que j'en tire...

Voici 4 affiches de films français (que de la comédie ou assimilé) actuellement ou très bientôt à l'affiche (en gros, ce sont des films de Février, Mars et Avril 2016. C'est assez édifiant sans avoir besoin de trop entrer dans les détails...


Le fond est le même dans tous les cas : le sol et du ciel bleu, un arrière-plan bucolique et verdoyant.
Le contenu est le même dans tous les cas : le casting en solo, duo, trio, groupe, debout.
Le titre est le même dans tous les cas : un gros titre, avec une police simple.
Le look général est le même dans tous les cas : utilisation des couleurs primaires, et c'est tout.

En me souvenant que des affiches comme celles-là, on en voit des dizaines par an, j'ai décidé de chercher un peu plus loin... Voici donc 4 affiches de films français (que de la comédie ou assimilé) sortis en Février, Mars et Avril 2014, soit la même période, mais il y a deux ans... C'est tout aussi édifiant !


Le fond est le même dans tous les cas : le sol et du ciel bleu, un arrière-plan bucolique et verdoyant.
Le contenu est le même dans tous les cas : le casting en solo, duo, trio, groupe, debout.
Le titre est le même dans tous les cas : un gros titre, avec une police simple.
Le look général est le même dans tous les cas : utilisation des couleurs primaires, et c'est tout.

Je ne sais pas vous, mais moi, je le crie haut et fort : ON VIENT DE VOIR 8 FOIS LA MÊME PUTAIN D'AFFICHE, BORDEL !!!

Allé, petit bonus... Un autre "schéma visuel" répétitif qu'on trouve également beaucoup.


Le fond est le même dans tous les cas : inexistant, du ciel bleu très souvent ou un fond blanc vide (ou les 2).
Le contenu est le même dans tous les cas : le casting en trio exclusivement, debout de face, coupé à la taille à peu près.
Le titre est le même dans tous les cas : un titre rouge et blanc souvent "bricolé" (journal, pilule, étiquette).
Le look général est le même dans tous les cas : François le Français style, à savoir bleu, blanc, rouge.

C'est moche (au propre comme au figuré), c'est triste et c'est aussi révélateur d'un problème bien connu qu'il est inutile de développer encore et toujours.

Finalement, en proposant continuellement, semaine après semaine, les mêmes films comiques accompagnés de leurs mêmes affiches stupides, le cinéma français s'auto-préserve : si il n'y a que ça, les gens ne pourront aller voir que ça au cinéma et du coup, un certain nombre de ces films feront des entrées. Le CNC touchera son fric, le reversera aux producteurs qui referont 2 ans plus tard les mêmes films, avec les mêmes acteurs et les mêmes affiches...

En gros, notre ami imaginaire Patrick, qui est allé voir Bienvenue Chez Les Ch'tis a (en partie) financé les 12 films ici présents... Si Patrick arrête d'aller voir des merdes, et va voir un gros film d'action Américain qui fera plein d'entrées, que se passe-t-il ? Ah merde, on m'informe qu'une partie de sa place ira aussi au CNC et que ça financera donc, non pas un gros film d'action Français, non, non ! Par contre, ça financera certainement la prochaine comédie avec Kad Mérad, Dany Boon et une pimbêche prétentieuse qui sait pas jouer...

En gros, on est baisés de ouf...


Ça fait peur, hein ? Vous inquiétez pas, on y vient...