mardi 5 avril 2016

The Beverly Hills Fair Game Of Cobra Cop

#SpoilersInside

Warriors, Les guerriers de la nuit, 48 heures, Les Rues de feu, Commando, L’Arme fatale, Predator, Die Hard, Road House, L’Arme fatale 2, Die Hard 2, The Adventures of Ford Fairlane (faudrait que je parle ici…), Predator 2, Hudson Hawk, Le Dernier samaritain, L’Arme fatale 3, Demolition Man, Assassins… Voilà une partie des films produits par Joel Silver entre 1979 et 1995.

Après 1995, il produira (entre autres) : Ultime décision, L’Arme fatale 4, la trilogie Matrix, Kiss Kiss Bang Bang, V pour vendetta, Sherlock Holmes, Sherlock Holmes: A Game of Shadows… J’ai envie de dire « Merci Monsieur » !


Et donc, en 1995, il produit Fair Game, le premier film de Andrew Sipes. Mais putain, c’est qui Andrew Sipes ? Ben c’est le réalisateur de Fair Game. Voilà… Et c’est la seule et unique chose que l’on sait sur lui. Le gars n’avait rien réalisé avant, tout juste avait-il écrit quelques scripts d’épisodes de séries TV (Equalizer et Street Justice, notamment) et après Fair Game, Sipes a totalement disparu pour ne plus jamais réapparaître…

Qu’est-il devenu ? personne n’en sait rien… Silver l’a peut-être fait buter qui sait ? Le gros bide du film au box-office (11 millions $ de recettes pour 50 de budget) et les rumeurs sur son comportement égocentrique et irrespectueux pendant le tournage (même avec ses deux stars) y sont probablement pour quelque chose…


Fair Game (1995 - 4.1/10 sur IMDb) de Andrew Sipes donc, est un film d’action sorti en 1995 (année de sortie de Bad Boys de Michael Bay, d’ailleurs les films ont quelques points communs). Mais l’info moins connue, c’est qu’en fait, Fair Game est un reboot !!! Et oui, c’est une adaptation de la nouvelle A Running Duck écrite par Paula Gosling en 1979, qui a déjà été adaptée.

#Flashback

On est en 1983, la pré production de Beverly Hills Cop bat son plein. À l’époque, l’acteur envisagé pour le rôle principal est Mickey Rourke (et oui !) qui vient de signer un contrat de 400 000 $ avec la Paramount. Mais l’acteur demande des modifications dans le script qui font prendre du retard au planning. Finalement, insatisfait du résultat, Rourke quitte la production à la fin de sa durée d’engagement initiale. Comment gagner 400 000 balles sans bosser, bien ouais’ Mickey !


Sylvester Stallone signe alors pour reprendre le rôle non sans négocier de pouvoir participer à une nouvelle écriture. Il désire orienter le film vers un côté moins comédie et plus action, mais les producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson refusent ses idées jugées trop couteuses. Deux semaines avant le début du tournage, Stallone est viré par Bruckheimer/Simpson et remplacé par Eddie Murphy. Sly déclarera dans une interview, de longues années après, que si son script avait été validé, le final de Beverly Hills Cop aurait ressemblé à la scène d’ouverture de Saving Private Ryan (!). Deux ans après la sortie du film, Stallone utilisera certaines des idées rejetées pour Beverly Hills Cop dans un autre projet, l’adaptation de la nouvelle A Running Duck écrite par Paula Gosling en 1979, qui n’est autre que Cobra de George P. Cosmatos. Fair Game est donc un reboot (voire un remake non-officiel) de Cobra.

#FinDuFlashback

Bon, alors c’est vrai que ça raconte un peu la même chose : un flic doit protéger un témoin qui se trouve être jolie jeune femme. Mais les films sont quand même assez éloignés.

Kate McQuean (Cindy Crawford) est une jeune et jolie avocate de Miami qui aime se prendre des balles perdues en faisant son footing. En voulant faire saisir un bateau pour un de ses clients, elle se retrouve poursuivie par la mafia russe qui utilise ce bateau afin de voler/détourner une grosse somme d’argent. L'inspecteur Max Kirkpatrick (William Baldwin) est chargé de sa protection après deux tentatives d’assasinat ratées. Il va devoir protéger la ravissante avocate et déjouer les nombreux pièges tendus par leurs poursuivants.

Fair Game n’est pas un film très aimé… 13 % sur Rotten Tomato, 4.1/10 sur IMDb, 11 millions $ de recettes pour un budget de 50, des critiques assassines, des avis publics encore pires, un réalisateur qui ne refera jamais de films et une Cindy Crawford dont ce sera le seul et unique rôle principal de toute sa courte carrière d’actrice. Elle sera d’ailleurs nommée 3 fois aux Razzie Awards en 95 (Worst Actress (Crawford), Worst New Star (Crawford) and Worst Screen Couple (Crawford and Baldwin), mais c’est Showgirls qui raflera tout…

Et pourtant, si c’était quand même pas si mal que ça… Si c’était finalement pas trop trop mal shooté, assez bien rythmé et que ça proposait quand même son lot de bonnes scènes… Et bien pour moi, la réponse est (je vous le donne en mille) : oui ! Ha ha, moi, j’aime bien Fair Game.

Baldwin assure le job, il n’a jamais été un grand acteur, mais il fait son boulot. Crawford, franchement, c’est la loose totale, ha ha, elle ne refera presque pas de ciné après, la pauvre. Salma Hayek (qui venait de finir le tournage de Desperado) joue l’ex-petite amie de Kirkpatrick (elle explosera l’année suivante avec le rôle de Satanico Pandaemonium dans Une Nuit En Enfer). Enfin, on notera la présence de Steven Berkoff (vous savez ce type qui joue des méchants Russes dans TOUS LES PUTAINS DE FILMS AMERICAINS AVEC DES MECHANTS RUSSES), dans le rôle… d’un méchant Russe, faut suivre un peu.


Ce qui me plaît bien dans ce film, c’est son rythme assez trépidant. Passé le quart d’heure d’exposition, le rythme accélère et ne faiblira quasiment pas. Les Russes font sauter la maison de Cindy, mais elle est projetée dans le canal qui entoure la marina. Un tueur essaye de lui tirer dessus et Baldwin, pour protéger Cindy, plonge dans l’eau, en tirant avec son Beretta 92F argenté, au ralenti. On est en 1995, Hard Target est sorti depuis 2 ans, Hard Boiled a buzzé dans le monde entier chez les aficionados d’actioner, bref, merci John Woo.


Je me permet de mettre en évidence deux séquences que j’aime bien dans le film : la fusillade dans l’hôtel et la poursuite en dépanneuse. Dans la première scène, Baldwin et Cindy sont caché dans un hotel, mais les Russes les repèrent et profitent d’une livraison de pizza pour faire entrer leurs tueurs dans l’hotel et décimer l’équipe de flics alors que leur boos les aide avec un appareil à vision thermique. Je trouve cette scène très sympa car le décor est utilisé de fond en comble, c’est généreux, c’est rated R, il y a du suspense, franchement sympa. La scène de poursuite en voiture avec la dépanneuse jouis des mêmes qualités, on se croirait presque dans un épisode de la saga L’Arme Fatale.


Le final est un peu plus oubliable (mais il y a un joli combat entre Baldwin et la bad girl Russe méga-vénère avant le climax sur le bateau qui vaut le coup d’oeil, rapidement). Quand au final totalement gonzo où Baldwin et Cindy s’échappent du bateau en train d’exploser, au ralenti, c’est du gros nawak, c’est cadré et monté n’importe comment, à tel point que je pense que cette scène a peut-être été re-shootée pour ajouter du boom boom à la fin du film…


Et puis, bien sûr, pour les petits vicieux, il y a des scènes de douche à ne plus en savoir que faire (environ 217), des scènes où Cindy change de t-shirt (au moins 354 fois dans tout le film) des scènes pan-pan-cul-cul dans des trains et sur des capots de bagnoles poussiéreuses.


Fair Game, je le redis, c’est pas si mal. Je vais vous dire ce qui manque vraiment à ce film : un équivalent à la scène des frites au ketchup dans Cobra !!! Voilà. En gros, manquait plus qu’une scène où Cindy et Baldwin fument des clopes en buvant de la bière et en bouffant des burgers avec bacon et sauce cheddar après avoir baisé et ce putain de film devenait un chef d’oeuvre instantané… Dommage.

Mais franchement, en l’état, je trouve Fair Game franchement sympathique.